--- up: - "[[suite finies d'entiers]]" - "[[fonction récursive primitive]]" tags: - s/maths/logique - s/informatique aliases: --- - i On peut noter $\mathscr{S}$ l'ensemble des suites finies d'entiers (notation de [@coriLogiqueMathematique22003]) > [!proposition]+ Représentation avec des couples > Le but est de trouver une fonction qui fasse l'association entre un nombre et un $p$-uplet (une suite de $p$ entiers). > On veut montrer qu'il existe $\alpha _{p} \in \mathscr{F}_{p}$ et $\beta _{p}^{1}, \beta _{p}^{2}, \dots, \beta _{p}^{p} \in \mathscr{F}_{p}$ telles que $\alpha _{p}$ est une [[bijection]] et que l'application réciproque de $\alpha _{p}$ soit $\lambda x. (\beta _{p}^{1}, \beta _{p}^{2}, \dots, \beta _{p}^{p})$ > - **Couples :** > On commence par construire $\alpha _{2}$ pour les couples, dont la réciproque doit être $\lambda x. (\beta _{2}^{1}, \beta _{2}^{2})$ : > Pour cela, on décide d'ordonner les couples d'entiers comme suit : > ![[attachments/ordre sur les couples d'entiers 2026-03-21 18.43.49.excalidraw]] > C'est-à-dire en suivant les diagonales à $x+y$ constant, en commençant par $x+y=0$, puis $x+y=1$ ... > la valeur de $\alpha_2(x, y)$ sera alors le nombre de couples précédant $(x, y)$ dans cette énumération > tes > Considérons le couple $(p, n)$ : > Il se trouve dans la diagonale $p+n$. Les couples avant cette diagonale sont au nombre de $\frac{(p+n)(p+n+1)}{2}$, et le couple $(p, n)$ est le $n^{\text{ème}}$ de sa diagonale. > Cela montre que $\alpha _{2}(p, n) = \frac{1}{2}(p+n)(p+n+1)+n$. > On peut ensuite retrouver $\beta _{2}^{1}$ et $\beta _{2}^{2}$ comme suit (à l'aide de [[schéma mu borné|schémas µ bornés]] et de la [[fonction récursive primitive#^cloture-par-quantification-bornee|clôture par quantification bornée]]) : > - $\beta _{2}^{1}(x) = \mu z \leq x \quad (\exists w\leq x,\quad \alpha_2(z, w) = x)$ > - $\beta _{2}^{2}(x) = \mu z \leq x \quad (\exists w\leq x,\quad \alpha_2(w, z) = x)$ > Ces expressions cherchent à trouver le plus petit $z$ que l'on puisse compléter pour former un couple dont l'image par $\alpha_2$ sera bien $x$ > - **Suites :** > Les suites finies seront définissables par des couples contenant des couples : > - **Triplets $\alpha_3$** > $\alpha_3(x, y, z) := \alpha _{2}(x, \alpha_2(y, z))$ on représente $(x, y, z)$ comme un couple $(x, t)$ où $t$ est l'entier correspondant à $(y, z)$ > avec $\beta _{3}^{1} = \beta_2^{1} \qquad \beta_3^{2}=\beta_2^{1} \circ \beta_2^{2} \qquad \beta_3^{3}=\beta_2^{2} \circ \beta_2^{2}$ > - **4-uplet $\alpha_4$** > $\alpha_4(x, y, z, w) := \alpha_3(x, y, \alpha_2(z, w)) = \alpha_2(x, \alpha_2(y, \alpha_2(z, w)))$ > avec $\beta_4^{1} = \beta_2^{1} \qquad \beta_4^{2} = \beta_3^{2}=\beta_2^{1} \circ \beta_2^{2} \qquad \beta_4^{3}=\beta_2^{1} \circ \beta_3^{3}=\beta_2^{1}\circ\beta_2^{2}\circ\beta_2^{2} \qquad \beta_4^{4}=\beta_2^{2}\circ\beta_3^{3}=\beta_2^{2} \circ\beta_2^{2}\circ\beta_2^{2}$ > - **en général $\alpha _{p}$** > $\alpha _{p+1}(x_1, x_2, \dots, x_{p}, x_{p+1}) := \alpha _{p}(x_1, x_2, \dots, \alpha_2(x_{p}, x_{p+1}))$ > avec $\beta _{p+1}^{1} = \beta_p^{1} \qquad \beta _{p+1}^{2}=\beta_p^{1} \qquad \cdots \qquad \beta _{p+1}^{p}=\beta_2^{1} \circ\beta _{p}^{p} \qquad \beta _{p+1}^{p+1}=\beta_2^{2}\circ\beta _{p}^{p}$ > [!proposition]+ Seconde approche > On procède en définissant l'application de $\mathscr{S} \to \mathbb{N}$ suivante : > $\Omega((x_0, x_1, \dots, x_{p})) = \pi(0)^{x_0} \cdot \pi(1)^{x_1} \cdot\cdots \cdot \pi(p)^{x_{p}}$ (voir [[fonction pi|fonction π]]) > On profite ici de la [[décomposition en facteurs premiers]]. > Par ailleurs, comme [[fonction pi#^recursive-primitive|la fonction π est récursive primitive]], on sait que $\Omega$ est récursive primitive aussi > Montrons maintenant que la réciproque de $\Omega$ est également récursive primitive : > définissons la fonction $\delta \in \mathscr{F}_{2}$ : > $\delta(i, x) := \mu z \leq x \quad (x \text{ n'est pas divisible par } \pi(i)^{z+1})$ > On sait que [[divisibilité#^recursive-primitive|le prédicat de divisibilité est récursif primitif]], ce qui montre que $\delta$ est récursive primitive. > La fonction $\lambda x. (\delta(1, x), \delta(2, x), \dots, \delta(p, x))$ est bien la réciproque de $\Omega$ > - i Cette approche est moins parfaite car $\Omega$ n'est pas bijective