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@@ -131,12 +131,22 @@ Dans la partie 8 de la *Lettre 12*, Spinoza donne une figure qu'il utilise comme
L'enjeu, pour Camerini, est de comprendre et traduire correctement le commentaire accompagnant cette figure, qui se veut être une démonstration par l'exemple de la possibilité d'un tel infini. \say{Lintention de Spinoza est de montrer que les segments inégaux de ­ lespace ­ compris entre deux cercles non ­ concentriques, bien que bornées entre un maximum et un minimum donc pas « sans fin », sont quand même dites infinies, dans un sens différent, puisque toutes ces variations ou inégalités ne peuvent pas être déterminées par un nombre fini.}[^3]. Il faut ici faire attention à la notion de *nombre*. En effet, pour Spinoza, le nombre (comme la *mesure* et le *temps*) est un auxilliaire de l'imagination. Le concept d'imagination est développé par Spinoza dans l'Éthique (notamment 2p17 et 2p18) et se distingue du sens contemporain en cela que l'imagination n'a rien de fantaisiste : elle est plutôt synonyme de "perception sensible", c'est-à-dire d'une perception qui passe par le corps (et par la mémoire)[^imagination-perception]. L'imagination n'est donc pas *en soi* cause d'erreurs[^imagination-erreurs]. Ce qu'affirme Spinoza, c'est que certaines choses ne peuvent être égalées par aucun nombre, autrement dit que *cette modalité d'imagination* qu'est le nombre ne permet pas de penser certaines choses pourtant limitées par un minimum et un maximum. Il affirme que les paradoxes ne viennent pas de cet infini, mais seulement de cette erreur que l'on fait de vouloir penser l'infini comme un nombre : \say{Si ­ lon ­ confond le nombre, la mesure et le temps avec les choses elles- mêmes, dit Spinoza, on devrait admettre une série de paradoxes, dont de nombreux auteurs ont déduit ­ limpossibilité ­ quil existe un infini en acte.} [@camerini-lettre12, p.8].[^imagination-pas-infinie]
Ainsi, dans la partie 8, Spinoza délivre deux arguments qui tendent à montrer que le nombre peut être impuissant malgré des limites. A chaque fois, il se réfère aux \say{Mathématiciens} pour soutenir ses arguments, qui sont géométriques.
Ainsi, dans la partie 8, Spinoza délivre deux arguments qui tendent à montrer que le nombre peut être impuissant malgré des limites. A chaque fois, il se réfère aux \say{Mathématiciens} pour soutenir ses arguments, qui sont géométriques. Dans un premier temps, c'est un argument négatif qui est utilisé : au lieu de positivement donner l'infini, il explique que les mathématiciens \say{ont découvert quantité de choses qui ne se peuvent expliquer par aucun nombre, ce qui prouve assez le défaut de tout nombre à tout déterminer}. Françoise Barbaras explique que cela est une référence implicite aux grandeurs incommensurables, que l'on sait être inexpliquables par des nombres (pas selon la conception contemporaine des nombres, mais selon la conception qu'en ont Spinoza et les philosophes modernes, héritée notamment d'Euclide)[^barbaras-incommensurabilite].
Cet argument négatif montre une impuissance des nombres, et confirme que de l'impossibilité d'assigner un nombre on de doit pas conclure l'inexistence. Mais un second argument vient ensuite affirmer la présence d'un certain infini dans l'espace entre les deux cercles.
C'est la non-homogénéité de l'espace que veut nous faire remarquer, car en effet, les cercles étant non-concentriques, la distance entre les deux cercles varie ; c'est en cela que l'on peut trouver une *infinité de variations*. En même temps, ces variations sont limitées : elles sont contenues entre un maximum (la distance $AB$) et un minimum (la distance $CD$) et sont entièrement contenues dans l'espace entre les deux cercles (les circonférences sont les limites).
Ce n'est donc pas un espace infini (dans le sens d'indéfini, qui n'a pas de limites), mais bien un espace fini qui contient ces variations infinies. Le problème qui se pose est d'interpréter ce que sont ces variations (qu'est-ce qui varie, exactement, et quelle est la nature de cet espace entre les deux cercles ?) pour fournir une traduction fidèle à l'idée que Spinoza cherche à défendre.
Le premier point de tension se tro
[^3]: [@camerini-lettre12, p.8]
[^imagination-perception]: C'est ce qu'affirment Russ Leo et Giovanni Liacata : \say{Quant au concept d*imaginatio*, il faut toujours garder à lesprit quil est ici synonyme de perception sensible, et quil ne sagit donc pas seulement de la manière dont lesprit projette une image relative à quelque chose qui nest pas présent à nos sens : limagination ne correspond pas au sens contemporain de fantaisie. Il est donc légitime de dire que toute sensation est une imagination.} [@ethique-rovere, p.246 note 225]
[^imagination-erreurs]: \say{[...] les imaginations de lesprit, regardées en elles-mêmes, ne contiennent aucune erreur, autrement dit que lesprit ne fait pas erreur parcequil les imagine [...]} [@ethique-rovere, p.245 2p17s]
[^imagination-pas-infinie]: Spinoza est assez clair sur le fait que l'imagination est limités numériquement : il est impossible, pour l'esprit humain, d'imaginer en même temps un trop grand nombre de choses, sans les confondre. C'est même cette confusion qui fait naître les notions plus généralisées. À ce propos, voir Éthique 2p40s1, et la remarque de Filib Buyse : \say{[...] l'incapacité humaine de tenir ensemble, sans les confondre, un très grand nombre d'idées [...]} [@ethique-rovere, p.286 note 247]
[^barbaras-incommensurabilite]: \say{Ce premier argument porte donc sur lincommensurabilité entre des \emph{choses} qui, nayant pas dunité de mesure commune, ne peuvent être exprimées lune en fonction de lautre par \emph{aucun} nombre. On peut montrer  par exemple, par un raisonnement par labsurde comme le font les mathématiciens anciens  limpossibilité de trouver \emph{un} nombre par lequel pourrait sexprimer le rapport entre diverses parties de la même figure. Si ces choses doivent néanmoins être considérées comme des grandeurs, leur grandeur ne peut être mesurée par aucun nombre.} [@barbarasSpinozaScienceMathematique2007 chap.6, Paragraphe 19]
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\begin{tikzpicture}
\begin{pgfonlayer}{nodelayer}
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